LA GRADIVA – portrait d’une jeunesse contrariée ?
L’adolescence de la Gen Z
Le film La Gradiva suit une classe de terminale partant à Pompéi avec leur professeure de latin. Tentant d’enseigner à ses élèves la catastrophe de la ville et ses vestiges, Madame Mercier (Antonia Buresi) se retrouve empêchée par Toni (Colas Quignard), un jeune perturbateur espérant trouver en Italie des traces de sa famille et James (Mitia Capellier Audat) son meilleur ami et tombeur de la classe. Ce film se présente comme un portrait de la jeunesse des années 2020, à coup de débat sur le Rassemblement National, le capitalisme et la méritocratie, et autre chanson de Theodora. Le problème est que ces sujets ne deviennent que la figure de fond de la quête de Toni pour trouver une potentielle famille italienne.
La beauté monstrueuse de Pompéi
Malgré une très bonne prestation d’Antonia Buresi en professeur de latin, le film s’empêtre dans un académisme affligeant aussi bien dans son récit d’homosexualité contrariée (comparée maladroitement au désir d’un élève pour son enseignante) que dans son esthétique. Marine Atlan est d’abord cheffe opératrice (Le Ravissement, Les Reines du drame) et ça se voit, l’image est très belle à chaque instant. Cette beauté liée à Pompéi est pourtant censée être cruelle comme le décrit la professeure en expliquant les mécanismes d’éruption d’un volcan. Pourtant, cette beauté présente dans des œuvres d’art montrant justement des moments plus durs de la ville n’est que partiellement communiquée. Cette pudeur face à cette fresque de la villa des Mystères ou le corps de la “femme enceinte” de Pompéi figé par la cendre, nous empêche d’avoir accès à cette fascination morbide. Cet enthousiasme reste donc parfaitement théorique, la caméra s’attardant davantage sur l’ennui et les tentatives d’analyse d’adolescents sur les oeuvres. Si le film voulait éviter de devenir une visité muséale, ce qui est tout à son honneur, pourquoi ces plans touristiques au possible sur la ville ? Entre des scènes de petites rues italiennes avec le linge étendu entre les immeubles nous avons le droit aux chants des grandes familles italiennes au restaurant. Une Italie pittoresque, où les problématiques comme le racisme sont survolées mais jamais véritablement traitées.
Peut-être que nous épousons le regard de Toni et son désir d’appartenance à ce pays, à une famille meilleure que la sienne et qui lui permettrait de retrouver une certaine estime de lui-même. La Gradiva n’aborde malheureusement pas assez ces sujets très prometteur dans ses 2h30 de film, préférant finir son film comme un mauvais drame adolescent.

Le film a reçu le Grand Prix de la Semaine de la critique à Cannes ☝️🤓