HOSTEL 2, quand lâhorreur nous regarde dans les yeux đ±
Et ba câest horrible ! (Pourquoi je regarde ça Ă 1h du matin en mĂȘme temps)
LĂ oĂč Hostel misait sur la surprise et lâimmersion brutale dans lâhorreur, Part II adopte une approche plus lente. Un peu Ă la maniĂšre de Tarantino avec Boulevard de la Mort (qui est producteur sur le film) Roth prend le temps de nous attacher aux personnages, fĂ©minins cette fois-ci. On apprend Ă les connaĂźtre, Ă les comprendre. Ce ne sont plus juste des corps Ă torturer, mais des ĂȘtres humains. Et câest prĂ©cisĂ©ment lĂ que la violence devient insupportable : parce quâelle sâabat sur des gens quâon a appris Ă aimer.
Mais Hostel: Part II nâest pas quâune suite sanglante, câest aussi un commentaire mĂ©ta sur le genre du âtorture pornâ lui-mĂȘme, et sur ses adeptes. Car aprĂšs tout, que sommes-nous venus voir ? Des femmes se faire tuer. Et le film nous confronte Ă cette vĂ©ritĂ© dĂ©rangeante : en tant que spectateurs, ne sommes-nous pas finalement complices de cette horreur ? Avons-nous vraiment une distance morale avec les riches tueurs anonymes du film, qui paient pour sâoffrir un frisson de domination et de violence ? (Spoil : non).
Roth renverse ainsi la dynamique : le film ne flatte plus nos instincts voyeuristes, il les expose. Et dans cette mise en abĂźme dĂ©rangeante, Hostel: Part II devient bien plus quâun simple film gore. Tout comme le personnage principal du 1e opus, qui va finir dĂ©capitĂ© dĂšs lâintroduction, Roth tue sa franchise et ce sous genre quâil a pourtant lui mĂȘme participĂ© Ă construire. CâĂ©tait la seule maniĂšre de faire rĂ©flĂ©chir les quelques neurones que se partagent son public dâincels masculinistes dĂ©traquĂ©s. Et dans un paysage horrifique formatĂ© (surtout dans les annĂ©es 2000) je trouve que ça fait du bienâŠde rĂ©flĂ©chir⊠pas de tuer⊠ne tuez pas les gens.
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